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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 10:42

Comme une vis sans fin qui tourne dans le vide,

Le reconfinement succède au couvre-feu,

Nous sentons sur nos cous le poids du joug des bœufs,

Asservis à la meule de ce moulin perfide

 

Qui chaque jour égrène son bilan homicide.

Dehors, on entend, loin, des Don Quichotte en bleu

S’agiter sur ces pales sur un ton orgueilleux

Mais l’ennemi triomphe dans un état torpide.

 

Notre donjon reclus est-il une prison

Où s’enferme le monde par peur du poison 

Ou la tour de Fabrice dont il s’est fait la belle ?

 

Nous rêvons de santé, d’été, de liberté,

De convivialité dont Covid éhonté

Nous a vite spoliés dans sa razzia cruelle.

 

31 octobre 2020

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 18:14

Pati, -ior, pateris, on souffre, S. Paty

De ton assassinat, de cette ignominie ;

Ta décapitation, acmé de barbarie,

Est un commun chagrin auquel on compatit.

 

Cette abomination nous laisse anéantis,

Au pays des Lumières, on est encore Charlie !

C’est notre Liberté, lâchement assaillie,

Qui gît dans la forêt, du côté d’Eragny.

 

Tu étais professeur de l’école laïque

Qui voulait enseigner le bel esprit critique

Qui permet à chacun de choisir son destin,

 

Mais les sourds n’aiment pas le son de la musique

Et la polyphonie des concerts symphoniques

Notre chant doit couvrir le glas des assassins.

 

17 octobre 2020.

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 08:31

LYCEE LANGEVIN-WALLON CHAMPIGNY-SUR-MARNE

Questionnaire établi par B. Martial, professeur de lettres

LES FAUSSES CONFIDENCES de Marivaux

  • Quel est le nom complet de Marivaux ?
  • Où et quand est-il né ?
  • Quelle est la profession de son père ?
  • Où suit-il son père ?
  • Quelle comédie écrit-il, sur une gageure, en 1706 ?
  • Qui et quoi fréquente-t-il en 1710 ?
  • A qui se lie-t-il au moment de cette arrivée à Paris ?
  • A quelle « querelle » participe-t-il ?
  • Dans quels romans se moque-t-il de la Préciosité ?
  • Quelle est la caractéristique de la future œuvre dramatique et romanesque de Marivaux ?
  • Quelles œuvres d’inspiration grecque écrit-il en 1717 ?
  • Quel surnom lui valent ces articles dans le Nouveau Mercure ?
  • Qui épouse-t-il le 7 juillet 1717 ?
  • Quels événements familiaux se produisent en 1720 ?
  • Quelle pièce est jouée le 17 octobre de la même année par les Comédiens Italiens ?
  • Et quelle tragédie est jouée par les Comédiens Français le 6 décembre ?
  • Pourquoi Marivaux connaît-il des difficultés financières ?
  • Quelle pièce est créée le 3 mai 1722 par les Comédiens Italiens ?
  • Quelle œuvre psychologique et moralisante publie-t-il ensuite ?
  • Quelle pièce est créée le 6 avril 1723 par les Comédiens Italiens ?
  • Quelle est l’interprète principale des pièces de Marivaux à cette période ?
  • En quelle année Marivaux devient-il veuf ?
  • Quelle pièce écrit-il en 1725 ?
  • Quelle pièce donne-t-il en 1725 aux Comédiens Italiens et aux Comédiens Français ?
  • Quelle œuvre romanesque commencée en 1726 sera rédigée pendant près de quinze ans ?
  • Quels thèmes aborde-t-il dans L’Ile de la raison en 1727 ?
  • Quelle pièce en un acte jouée en juin 1729 est un échec ?
  • Avec qui Marivaux cohabitera-t-il ouvertement vingt ans plus tard ?
  • A quoi devra-t-il l’hostilité des collaborateurs et amis de Diderot ?
  • En quelle année fait-il jouer Le jeu de l’amour et du hasard ? 1730.
  • Quel roman d’apprentissage publié en 1735 raconte la montée à Paris et l’ascension sociale d’un homme nommé Jacob  grâce à ses succès amoureux ?
  •  Que se passe-t-il le 4 février 1743 ?
  • Où Marivaux s’installe-t-il le 24 avril 1744 ?
  • Que fait sa fille en 1745 malgré son avis ?
  • Où s’installe-t-il avec Mlle de Saint-Jean en 1757 ?
  • Où et quand meurt-il ?
  • Quelles sont les principales œuvres de Marivaux ?
  • Où et quand les Fausses Confidences sont-elles jouées pour la première fois ?
  • Combien d’actes comporte la pièce ?
  • Où se déroule l’intrigue des Fausses Confidences ?
  • Que se passe-t-il dans la première scène de la pièce ?
  • Qui est Dubois ?
  • Pourquoi entre-t-il « avec un air de mystère » ? 
  • Qui Dorante attend-il et pourquoi ?
  • Que dit Dorante à Dubois ?  
  • Qui est Araminte et quelle est sa situation financière ? 
  • Quels sentiments Dorante éprouve-t-il pour cette femme ?
  • Dans quels termes Dubois demande-t-il à Dorante de lui faire confiance ? 
  • Qui arrive à la scène 3 ?
  • Qui est Marton ?

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 08:27

LYCEE LANGEVIN-WALLON CHAMPIGNY-SUR-MARNE

Questionnaire établi par B. Martial, professeur de lettres

LES FAUSSES CONFIDENCES de Marivaux

  • Pourquoi conseille-t-il  à Dorante d’épouser Marton ?
  • Comment Marton réagit-il aux compliments que lui fait Monsieur Rémy sur son neveu ? 
  • Comment Monsieur Rémy présente-t-il son « projet » à Marton ?
  • Que se disent Dorante et Marton quand ils se retrouvent seuls ? 
  • Que demande-t-elle à Dorante ?
  • Quelle est la réaction d’Araminte en voyant passer Dorante au début de la scène 6 ? 
  • Que dit Marton à Araminte ? 
  • Comment se résume le jugement des deux femmes sur Dorante ? 
  • Quelles consignes Araminte donne-t-elle à Marton ?
  • Que dit alors Marton à Dorante à la scène 7 ?
  • Comment Araminte montre-t-elle sa confiance à Dorante ?  
  • Quel âge a Dorante ?
  • Que demande alors Araminte à Marton ?
  • Qui sera au service de Dorante ?
  • Comment ce nouveau « valet » de Dorante réagit-il ?
  • Pourquoi un domestique vient-il avertir Araminte ?
  • Que demande-t-elle à Dorante ?
  • Comment se passent les premiers contacts entre Dorante et son nouveau valet à la scène 9 ?
  • Qui arrive à la scène 10 ?
  • Comment ce nouveau personnage réagit-il à l’engagement de Dorante par Araminte ?
  • Quelles sont les intentions de cette femme ? 
  • Comment  Dorante réagit-il à ces projets ?   
  • Comment cette femme réagit-elle aux propos de Dorante ?  
  • Qu’exige-t-elle finalement ?
  • Pourquoi Marton s’excuse-t-elle auprès de Dorante à la scène 11 ?  
  • Comment essaie-t-elle de le rassurer ? 
  • Qu’est-ce que Marton finit par lui avouer ? 
  • Quelles conclusions en tire Dorante ?
  • Comment se passe le tête-à-tête entre Araminte et Dorante à la scène 12 ?
  • Comment réagit Dorante ?
  • Quel message Dubois apporte-t-il à la scène 13 ?
  • Comment réagit-il à la présence de Dorante ? 
  • Quel est le but de la venue de Dubois ?
  • Quelle « fausse confidence » Dubois a-t-il à faire à Araminte à la scène 14 ? 
  • Comment parle-t-il de l’amour de Dorante pour Araminte ?
  • Araminte accepte-t-elle pour autant de renvoyer Dorante ? 
  • Que demande-t-elle à Dubois ?
  • Dans quel état se trouve Araminte au début de la scène 15 ?
  • Que dit-elle alors à Dorante ? 
  • Quelle est la réaction de Dorante ? 
  • Pourquoi Dubois remplace-t-il Arlequin au début de la scène 16 ?
  • Que se disent Dorante et Dubois ? 
  • Que dit Dubois à Marton à la scène 17 ? 
  • Que cherche-t-il à faire ?
  • Que conseille Dorante à Araminte au début de l’acte II ?  
  • Quelle est la réaction de celle-ci ? 
  • Quel est l’effet immédiat sur Dorante ?
  • Que décide finalement Araminte ? 
  • Que propose Dorante à Araminte pour remplacer un de ses concierges décédé ? 
  • Quelle est la réponse d’Araminte ?
  • Pourquoi en viennent-ils à parler de Dubois ? 
  • Comment Monsieur Rémy remercie-t-il Araminte au début de la scène 2 ?
  • De quelle « affaire » concernant Dorante est-il venu parler ?
  • Comment Dorante réagit-il à cette proposition de son oncle ? 
  • Que pense Monsieur Rémy de la réaction de son neveu ?
  • Quelle attitude Araminte adopte-t-elle ?   
  • Que pense finalement Dorante de cette situation ?
  • Que demande M. Rémy à Marton à la scène 3 ?  
  • Pourquoi y a-t-il un quiproquo ?
  • Qui arrive à la fin de la scène 3 ? 
  • De quoi s’étonne-t-il auprès de Marton ?
  • Qu’annonce Arlequin au début de la scène 5 ?
  • Qu’est-ce que ce « visiteur » est venu apporter (scène 6) ? 
  • Comment réagit le comte ?
  • Que demande Marton à ce « visiteur » à la scène 7 ?
  • De quoi Marton est-elle persuadée ? 
  • Que demande Dorante quand il arrive  et comment réagit-il ?
  • Qui arrivent à la scène 11 ?
  • Que souhaitent-ils faire ?
  • Que répond Marton ? 
  • Quel coup de théâtre se produit alors ? 
  • Comment Marton réagit-elle alors ? 
  • Que demande Araminte au comte ? 
  • Que décide alors Araminte ?
  • Pourquoi Arlequin et Dubois se disputent-ils à la scène 10 ? 
  • Comment Araminte essaie-t-elle de les calmer ? 
  • Et comment Madame Argante intervient-elle dans cette affaire ?
  • Que dit le comte au début de la scène 11 sur le ton de la plaisanterie ?
  • Et que dit, beaucoup plus sérieusement, Madame Argante ? 
  • Que répond Araminte aux critiques de sa mère ? 
  • Que consent-elle néanmoins à faire ? 
  • Que disent finalement Madame Argante et le comte à la fin de cette scène ?
  • Que reproche Araminte à Dubois à la scène 12 et que lui demande-t- elle ? 
  • Comment Dubois répond-il aux questions d’Araminte dans cette scène ?  
  • Quels arguments Araminte invoque-t-elle pour retarder le renvoi de Dorante ?
  • Quel éclaircissement Dubois donne-t-il à propos de Marton ?
  • Comment se manifeste l’embarras d’Araminte ?  
  • Que lui suggère Dubois ? 
  • Que souhaite-t-elle faire elle-même ?
  • Que se passe-t-il au début de la scène 13 ?
  • Que vient demander Dorante à Araminte ? 
  • Que lui répond-elle ? 
  • En quoi surprend-elle Dorante ?
  • Quelle lettre dicte-t-elle à Dorante et quel est le destinataire ? 
  • Comment Dorante et Araminte réagissent-ils dans cette situation ?
  • Que demande Marton à Dorante et à Araminte à la scène 14 ?
  • Pourquoi Araminte presse-t-elle Dorante de questions à la scène 15 ? 
  • Comment celui-ci se justifie-t-il ?
  • Quel événement important se produit alors ?  
  • Que provoque l’arrivée « impromptue » de Marton ?
  • Quelle est la teneur des échanges entre Araminte et Dubois à la scène 16 ?
  • Que se disent Dorante et Dubois dans la dernière scène de l’acte II ?
  • Que donne Dorante à Dubois au début de l’acte III ?
  • Comment Dubois rassure-t-il Dorante ? 
  • Quel reproche Dorante fait-il alors à Dubois ? 
  • Et comment celui-ci répond-il ? 
  • Comment se manifeste la maîtrise de Dubois ?
  • Que dit Marton à la scène 2 de l’acte III ? 
  • Comment Dubois lui répond-il ?
  • Et comment la fait-il tomber dans son piège ?
  • Que demande Arlequin à la scène 3 ? 
  • Que dit Dubois à Marton ? 
  • Que fait finalement Arlequin ?
  • Que dit Madame Argante à la scène 4 ? 
  • Que révèle alors Marton ?
  • Pourquoi Marton réagit-elle mal au salut de Monsieur Rémy à la scène 5 ?
  • Quel est l’objet de l’échange entre Monsieur Rémy et Madame Argante ?
  • Comment se conclut l’intervention du comte ?  
  • Dans quels termes Madame Argante demande-t-elle à Monsieur Rémy de se taire ?
  • Comment Araminte se mêle-t-elle au conflit à la scène 6 ?  
  • Comment se marque la vivacité des échanges entre la mère et la fille ?
  • Qu’est-ce que Monsieur Rémy est surpris d’apprendre ?  
  • Quelle crainte Dorante formule-t-il à la scène 7 ? 
  • Que lui répond Araminte ?
  • Que révèle donc Marton à la scène 8 ? 
  • Qui lit la lettre et que fait Madame Argante ?  
  • Que dit cette lettre ?  
  • Comment Dorante réagit-il à la question de Madame Argante qui lui demande s’il est l’auteur de cette lettre ?
  • Comment Monsieur Rémy réagit-il à cette situation ?
  • Pourquoi Araminte s’emporte-t-elle contre Marton ? 
  • Que font le comte et Madame Argante ?
  • Comment Dubois feint-il de réagir à la scène 9 ?
  • Dans quel état d’esprit se trouve Araminte ?
  • Qu’avoue finalement Dubois ?  
  • Que dit-elle à Dubois ?
  • Dubois est-il affecté par cette critique ?
  • Que fait Marton à la scène 10 ?
  • Et que dit Arlequin à la scène 11 ?
  • De quoi Dorante veut-il parler à Araminte au début de la scène 12 ?
  • Que finissent-ils par avouer ?
  • Quel autre aveu Dorante fait-il ?
  • Comment Araminte réagit-elle à ce deuxième aveu ?
  • Que dit Araminte au comte dans la dernière scène ?  
  • Comment celui-ci prend-il la chose ? 
  • Et Madame Argante ?
  • Dans quel état d’esprit se trouve Dubois ?
  • Et quel commentaire assez maladroit fait Arlequin ?

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 18:06

2020-2021

 

Classes de première générale et de première technologique

Programme national d'œuvres pour l'enseignement de français pour l'année scolaire 2020-2021

 

DOCUMENTS PROPOSÉS SUR LE BLOG POT ÉTHIQUE À LENTS TICS

 

Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Marguerite Yourcenar : Mémoires d’Hadrien / parcours : Soi-même comme un autre. 

 

MEMOIRES d’HADRIEN de Marguerite Yourcenar, 1951.

Édition de référence, Folio n°921.

 

1. Texte intégral :

Texte intégral sur Palimpsestes.fr

2. Résumé et citations :

1. Résumé et citations, p. 9 à 41 (chapitres I et II).

2. Résumé et citations, p. 41 à 67 (chapitre II).

3. Résumé et citations, p. 67 à 106 (chapitre II).

4. Résumé et citations, p. 110 à 142 (chapitre III).

5. Résumé et citations, p. 143 à 194 (chapitre III et IV).

6. Résumé et citations, p. 194 à 246 (chapitre IV).

7. Résumé et citations, p. 246 à 291 (chapitre V).

8. Résumé et citations, p. 293 à 317 (chapitres VI).

3. Document complémentaire :

Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar : index des personnages.

4. Lecture cursive :

René de François-René de Chateaubriand, 1802, 1ère partie.

René de François-René de Chateaubriand, 1802, 2e partie.

 

Objet d'étude : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle 

Montesquieu, Lettres persanes / parcours : Le regard éloigné.

 

LETTRES PERSANES de Montesquieu, 1721.

édition de référence : GF n°1482.

 

1. Texte intégral :

Texte intégral sur Wikisource.

2. Résumé et citations :

1. Résumé et citations, 1ère partie (lettres 1 à 71).

2. Résumé et citations, 2e partie (lettres 72 à 161).

3. Questionnaire général :

Lettres persanes sur Pot éthique à lents tics.

4. Lecture cursive :

Eldorado de Laurent Gaudé, 2006.

  

 

Objet d'étude : Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Marivaux, Les Fausses confidences / parcours : théâtre et stratagème.

 

LES FAUSSES CONFIDENCES de Marivaux, 1737.

 

1. Texte intégral :

Texte intégral sur Wikisource.

Texte intégral sur Pot éthique à lents tics

1ère partie : Acte I, scène 1 à 6.

2e partie : Acte I scène 7 à 14.

3e partie : Acte I scène 15 à 17. Acte II scènes 1 à 7.

4e partie : Acte II scènes 8 à 13.

5e partie : Acte II scènes 14 à 17. Acte III scène 1 à 6.

6e partie : Acte III scène 7 à 13.

2. Résumé et citations :

Résumé et citations, acte I et II.

Résumé et citations, acte III.        

3. Divers

Tableau des personnages.

Questionnaire sur Les Fausses confidences ,1ère partie.

Questionnaire sur Les Fausses confidences, 2e partie.

 

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal / parcours : alchimie poétique : la boue et l’or.

 

LES FLEURS DU MAL de Charles Baudelaire.

 

1. Texte intégral :

Texte intégral sur Wikisource.

2. Tableau des poèmes :

Les Fleurs du mal, 1861.

1ère partie :  « Au lecteur ». Spleen et Idéal, poèmes 1 et 2.

2e partie : Spleen et Idéal, poèmes 3 à 27.

3e partie : Spleen et Idéal , poèmes 28 à 49.

4e partie : Spleen et Idéal, poèmes 50 à 73.

5e partie : Spleen et Idéal, poèmes 74 à 85. Tableaux parisiens, poèmes 86 à 96.

6e partie : Tableaux parisiens, poèmes 97 à 103. Le Vin, poèmes 104 à 108. Fleurs du Mal, poèmes 109 à 117.  Révolte, poèmes 118 à 120.

7e partie : La Mort, poèmes 121 à 127. Les Fleurs du Mal 1868, poèmes 1 à 12. Pièces condamnées, poèmes 1 à 6.

 

Rappel du texte officiel

 

Classes de première des voies générale et technologique

Programme national d’œuvres pour l’enseignement de français pour l’année scolaire 2020-2021

https://www.education.gouv.fr/bo/20/Hebdo18/MENE2009217N.htm

 

NOR : MENE2009217N. Note de service du 10-4-2020. MENJ - DGESCO C1-3

Texte adressé aux recteurs et rectrices d'académie ; aux vice-recteurs ; au directeur du Siec ; aux inspecteurs et inspectrices d'académie-inspecteurs et inspectrices pédagogiques régionaux ; aux chefs d'établissement ; aux professeurs de lettres
Références : arrêté du 17-1-2019, modifié (BOEN spécial n° 1 du 22-1-2019 et BOEN du 30-4-2020)

 

Le programme de français fixe quatre objets d'étude pour la classe de première : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle, la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle, le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle, le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle. Chacun des objets d'étude associe une œuvre (ou une section substantielle et cohérente d'une œuvre) et un parcours permettant de la situer dans son contexte historique et générique. Le programme national de douze œuvres, renouvelé par quart tous les ans, définit œuvres par objet d'étude, parmi lesquelles le professeur en choisit une et son parcours associé.

La liste des œuvres et des parcours inscrits au programme de première pour l'année scolaire 2020-2021 et pour les épreuves anticipées de la session 2022 du baccalauréat est la suivante :

 

Classe de première de la voie générale

Objet d'étude pour lequel les œuvres sont renouvelées 

  • Le théâtre du XVIIe siècle au XXe siècle

Molière, Le Malade imaginaire / parcours : spectacle et comédie.

Marivaux, Les Fausses confidences / parcours : théâtre et stratagème.

Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde / parcours : crise personnelle, crise familiale.

 

Objets d'étude pour lesquels les œuvres sont maintenues

  • La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IV / parcours : les mémoires d'une âme.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal / parcours : alchimie poétique : la boue et l'or.

Guillaume Apollinaire, Alcools / parcours : modernité poétique ?

  • La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Montaigne,  Essais, « Des Cannibales », I, 31 ; « Des Coches », III, 6 [translation en français moderne autorisée] / parcours : notre monde vient d'en trouver un autre.

Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à XI) / parcours : imagination et pensée au XVIIe siècle.

Montesquieu, Lettres persanes / parcours : le regard éloigné.

  • Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves / parcours : individu, morale et société.

Stendhal, Le Rouge et Noir / parcours : le personnage de roman, esthétiques et valeurs.

Marguerite Yourcenar : Mémoires d'Hadrien / parcours : soi-même comme un autre. 

 

Classe de première de la voie technologique

Objet d'étude pour lequel les œuvres sont renouvelées

  • Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Molière, Le Malade imaginaire / parcours : spectacle et comédie.

Marivaux, L'Île des esclaves / parcours : maîtres et valets.

Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde / parcours : crise personnelle, crise familiale.

 

Objets d'étude pour lesquels les œuvres sont maintenues

  • La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IV / parcours : les mémoires d'une âme.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal / parcours : alchimie poétique : la boue et l'or.

Guillaume Apollinaire, Alcools / parcours : modernité poétique ?

  • La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 ; [translation en français moderne autorisée] / parcours : notre monde vient d'en trouver un autre.

Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) / parcours : imagination et pensée au XVIIe siècle.

Voltaire, L'Ingénu / parcours : Voltaire, esprit des Lumières.

  • Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves / parcours : individu, morale et société.

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre / parcours : science et fiction.

Nathalie Sarraute, Enfance / parcours : récit et connaissance de soi.

Pour le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et par délégation,

Le directeur général de l'enseignement scolaire

Édouard Geffray

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 13:55
Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Tableau des oeuvres, 1ère partie.

Au lecteur

 

La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
N’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;

C’est l’Ennui ! – l’ œil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !

 

Tableau établi par Bernard Martial (professeur de lettres modernes)

 

Titre

Thème

Vers à retenir

LES FLEURS DU MAL 1861

 

Au lecteur

De tous les maux qui nous dévorent, le pire c’est l’Ennui.

Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste

Qui berce longuement notre esprit enchanté.

SPLEEN ET IDEAL

1

Bénédiction

La mère et la femme du poète le maudissent. Lui, l’enfant déshérité, se tourne vers le ciel.

Vers le Ciel où son œil voit un trône splendide,

Le Poète serein lève ses bras pieux

Et les vastes éclairs de son esprit lucide

Lui dérobent l’aspect des peuples furieux :

2

L’albatros

L’albatros, martyrisé par les marins : allégorie du poète.

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 13:43

Tableau établi par Bernard Martial (professeur de lettres modernes)

 

Titre

Thème

Vers à retenir

SPLEEN ET IDEAL

3

Elévation

Le poète s’élevant au-dessus des contingences comprend sans effort « le langage des fleurs et des choses muettes ».

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides

Va te purifier dans l’air supérieur,

4

Correspondances

La théorie des correspondances : dans la nature, « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

5

« J’aime le souvenir de ces époques nues »

Nostalgie d’un âge d’or de nudité et de bonheur, face à un monde répressif et corrompu.

J’aime le souvenir de ces époques nues

Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.

6

Les Phares

Hommage à Rubens, Vinci, Rembrandt, Michel-Ange, Puget, Watteau, Goya, Delacroix.

C’est un phare allumé sur mille citadelles

Un appel de chasseurs dans les grands bois !

7

La Muse malade

Appel désespéré à la muse

Ma pauvre muse, hélas ! qu’as-tu donc ce matin ?

8

La Muse vénale

Que doit faire la muse pour affronter les rigueurs de l’hiver et du dénuement.

Ô muse de mon cœur, amante des palais,

Auras-tu quand Janvier lâchera ses borées,

Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,

Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?

9

Le Mauvais Moine

Par rapport aux moines saints qui glorifiaient la Mort avec simplicité, le Poète se trouve un bien mauvais moine, incapable de transcender son propre dénuement.

Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite,

Depuis l’éternité je parcours et j’habite ;

Rien n’embellit les murs de ce cloître odieux.

10

L’Ennemi

Lutte contre le Temps qui nous dévore : une jeunesse douloureuse, l’automne des idées, un avenir incertain.

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,

Traversé çà et là, par de brillants soleils. 

11

Le Guignon

(des destinées fatales)

Un poids si lourd à soulever, condamné à l’oubli.

L’art est long et le Temps est court.

12

La Vie antérieure

Une île paradisiaque au couchant, un narrateur éventé par des esclaves.

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques […]

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,

Au milieu de l’azur, des flots et des splendeurs,

Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs.

13

Bohémiens en voyage

Portrait lyrique de la tribu prophétique pour laquelle est ouvert…

L’empire familier des ténèbres futures.

14

L’Homme et la mer

L’homme et la mer sont des frères même s’ils se combattent.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

15

Don Juan aux enfers

Don Juan ignore, aux enfers, toutes ses victimes éplorées.

Mais le calme héros, courbé sur sa rapière

Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

16

Châtiment de l’orgueil

Histoire d’un médecin médiéval qui a voulu défier Dieu et qui est devenu fou.

Immédiatement sa raison s’en alla. […]

Tout le chaos roula dans cette intelligence.

17

La Beauté

Prosopopée de la Beauté qui inspire le Poète.

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour

Est fait pour inspirer au poète un amour

Eternel est muet ainsi que la matière.

18

L’Idéal

L’idéal du poète : pas ces beautés de vignettes, mais plutôt Lady Macbeth ou la Grande Nuit de Michel-Ange.

Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses

Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

19

La Géante

Portrait d’une femme-paysage où le poète pourrait vivre.

J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,

Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

20

Le Masque

Un corps divin de statue et un monstre bicéphale : derrière le masque, un visage qui pleure parce qu’il faut vivre.

Pauvre grande beauté ! le magnifique fleuve

De tes pleurs aboutit dans mon cœur soucieux

21

Hymne à la Beauté

Qu’importe si la Beauté vient du ciel ou de l’enfer, puisqu’elle rend « l’univers moins hideux et les instants moins lourds ».

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme,

Ô Beauté ? Ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l’on peut pour cela te comparer au vin.

22

Parfum exotique

En fermant les yeux près de la femme aimée, le poète fait le rêve d’une île paradisiaque parfumée.

Une île paresseuse où la nature donne

Des arbres singuliers et des fruits savoureux

23

La Chevelure

Synecdoque de la chevelure comme évocation du corps de la femme et rempli du poète sur la mémoire.

N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde

Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

24

« Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne »

La belle froide et inaccessible et d’autant plus aimée.

Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,

Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,

Et t’aime d’autant plus, belle que tu me fuis.

25

« Tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle »

Femme impure et fatale, instrument du malheur et source de l’inspiration.

Quand la nature, grande en ses desseins cachés,

De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,

-de toi, vil animal, - pour flétrir un génie ?

Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !

26

Sed non satiata

(mais non assouvie)

Le pouvoir d’enchantement érotique de Jeanne Duval. Le poète devient femme.

L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane ;

Quand vers toi mes désirs partent en caravane.

27

« Avec ses vêtements ondoyants et nacrés »

Les courbes et « la froide majesté de la femme stérile. »

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,

Même quand elle marche, on croirait qu’elle danse.

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 13:36

Tableau établi par Bernard Martial (professeur de lettres modernes)

 

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Thème

Vers à retenir

SPLEEN ET IDEAL

28

Le Serpent qui danse

La femme en mouvement est comparée à un serpent qui danse.

Que j’aime voir, chère indolente,

      De ton corps si beau,

Comme une étoffe vacillante,

      Miroiter la peau!

29

Une charogne

Le poète invite sa compagne à contempler une charogne en décomposition et à méditer sur la fragilité de la beauté. Méditation sur la poésie elle-même t ses devoirs (prendre en compte la finitude).

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

      Qui vous mangera de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l’essence divine

      De mes amours décomposés !

30

De profundis clamavi

(J’ai crié du fond de l’abîme)

Le poète, tombé au fond du gouffre, implore la femme aimée, en vain.

J’implore ta pitié, Toi l’unique que j’aime,

Du fond du gouffre obscur où mon cœur es tombé.

31

Le Vampire

Le poète implore la mort pour échapper à la femme vampire. Masochisme.

Toi qui, comme un coup de couteau,

Dans mon cœur es entrée,

Toi qui, comme un hideux troupeau

De démons, vins, folle et parée.

32

« Une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive »

Opposition entre la relation vénale sordide et réelle et l’idéal irréel (cf. Sarah Louchette).

Je me pris à songer près de ce corps vendu

A la triste beauté dont mon désir se prive.

33

Remords posthume

Quand vous serez morte, il sera trop tard. Carpe diem !

(Car le tombeau comprendra le poète).

34

Le Chat

(« Viens, mon beau chat »)

Parallèle entre le chat et la femme.

Je vois ma femme en esprit ; son regard,

Comme le tien, aimable bête,

Profond et froid, coupe et fend comme un dard

35

Duellum

(guerre, combat)

Deux êtres qui se déchirent et que la haine retient.

Ce gouffre, c’est l’enfer, de nos amis peuplé !

Roulons-y sans remords, amazone inhumaine,

Afin d’éterniser l’ardeur de notre haine !

36

Le Balcon

Un souvenir de bonheur.

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,

-Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs !- […]

Nous avons dit souvent d’impérissables choses

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon.

37

Le Possédé

Possession amoureuse = possession satanique.

Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore ;

Il n’est pas une fibre en tout mon corps tremblant

Qui ne crie : Ô mon cher Belzébuth, je t’adore !

38

Un fantôme

  1. Les ténèbres
  2. Le Parfum
  3. Le Cadre
  4. Le Portrait

Petit drame en quatre actes, mettant en scène l’évolution des rapports avec Jeanne Duval.

  1. Condamné à peindre sur les ténèbres je reconnais parfois ma belle visiteuse…
  2. Le parfum qui ravive les souvenirs disparus.
  3. Tout ce qui sert à encadrer sa beauté : « elle noyait sa nudité voluptueusement ».
  4. La maladie efface la beauté mais le souvenir de l’amour reste intact.
  1. « Dans les caveaux d’insondable tristesse

   Où le Destin m’a déjà relégué ; [… ]

   C’est Elle ! noire et pourtant lumineuse »

  1. « Charme profond, magique, dont nous grise 

   Dans le présent le passé restauré ! »

  1. « Rien n’offusquait sa parfaite clarté,

   Et tout semblait lui servir de bordure. »

  1. « Noir assassin de la vie et de l’art,

   Tu ne tueras jamais dans ma mémoire

   Celle qui fut mon plaisir et ma gloire ! ».

39

« Je te donne ces vers »

La postérité du poète assurera l’éternité de la femme (exaspération de lui-même).

Statue aux yeux de jais, grand ange au front d’airain !

40

Semper eadem

(toujours la même)

Face à la tristesse de la mort, s’enivrer d’un beau mensonge.

Laissez, laissez mon cœur s’enivrer d’un mensonge,

Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe.

41

Tout entière

Que préfère-t-il en elle ? Demande le démon . Tout.

(dédié à Mme Sabatier comme les poèmes 42 à 56).

Ô métamorphose mystique

De tous mes sens fondus en un !

Son haleine fait la musique,

Comme sa voix fait le parfum !

42

« Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire »

La pauvre âme solitaire rend grâce à la très belle, à la très chère.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle et j’ordonne

Que pour l’Amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;

Je suis l’Ange Gardien, la Muse et la Madone.

43

Le flambeau vivant

Les yeux de la femme aimée : un flambeau mystique.

Ils conduisent mes pas dans la route du Beau. […]

Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique

Qu’ont les cierges brûlant en plein jour ; le soleil

Rougit, mais n’éteint pas leur flamme fantastique.

44

Réversibilité

Opposition entre le vécu du poète marqué par l’état de péché et de misère et l’élévation spirituelle de la femme-Ange.

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,

La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,

Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits

Qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse ?

45

Confession

La confession nocturne de la femme qui se promène à son bras.

Que c’est un dur métier que d’être belle femme.

46

L’Aube spirituelle

Le souvenir de la femme idéale au milieu de la débauche.

- Ainsi, toujours vainqueur, ton fantôme est pareil,

Âme resplendissante, à l’immortel soleil !

47

Harmonie du soir

Pantoum de l’idéalisation amoureuse : les correspondances, le souvenir.

Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir

Du passé lumineux recueille tout vestige !

48

Le Flacon

Les flacons poreux qui laissent passer les parfums, les souvenirs ; le poète devenu objet inutile, perdu dans la mémoire.

Je serai ton cercueil aimable pestilence !

Le témoin de ta force et de ta virulence.

Cher poison préparé par les anges !

49

Le Poison

Inspiré par Marie Daubrun : le vin, l’opium ne valent pas le poison de tes yeux et de ta salive.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige

      De ta salive qui mord,

Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord

      Et, charriant le vertige

La route défaillante aux rives de la mort !

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 13:29

Tableau établi par Bernard Martial (professeur de lettres modernes)

 

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Vers à retenir

SPLEEN ET IDEAL

50

Ciel brouillé

Femme-paysage : brumeuse saison, paysage mouillé.

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !

51

Le Chat

(« Dans ma cervelle se promène »)

I. Le chat qui se promène dans ma cervelle et m’inspire de sa voix mystérieuse.

II. Le parfum de sa fourrure, un dieu, ses yeux qui me regardent.

C’est l’esprit familier du lieu ;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire ;

Peut-être est-il fée, est-il dieu

52

Le Beau Navire

Evocation du corps de la femme et de ses diverses beautés.

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,

Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large

53

L’Invitation au voyage

Le rêve d’une union amoureuse idéale et d’un voyage.

Là tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

54

L’Irréparable

L’âme du poète attend en vain l’Être aux ailes de gaze qui viendra le délivrer de Satan (allusion à la féérie et au jeu de Marie Daubrun sur un conte de Mme d’Aulnoy).

Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords […]

Dis-leur, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais, […]

L’Irréparable ronge avec sa dent maudite

Notre âme - honteux monument.

55

Causerie

La douceur de la femme… mais c’est la femme qui a ravagé son cœur.

Ne cherchez plus mon cœur ; des monstres l’ont mangé […]

Ô Beauté, dur fléau des âmes ! tu le veux !

56

Chant d’automne

I. L’automne de la nature identifié à l’approche de la mort.

II. Appel à l’amour de la femme avant la mort.

  1.    L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
  2. Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère

       D’un glorieux ou d’un soleil couchant.

57

A une Madone

Ex-voto dans le goût espagnol dédié à Marie (Daubrun), la Madone : un manteau de jalousie, une robe de désir, souliers de son respect, ses « Pensers » comme des « Cierges » ; sept « Couteaux » des sept péchés capitaux plantés dans son cœur (rapport entre la poésie et le soubassement passionnel).

Enfin pour compléter ton rôle de Marie

Et pour mêler l’amour avec la barbarie,

Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,

Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux.

58

Chanson d’après-midi

A Jeanne la sorcière adorée, à la fois dévoratrice et consolatrice.

Je t’adore, ô ma frivole,

Ma terrible passion !

59

Sisina

(déesse de la chasse)

Hommage à Elsa Neri, amie de Mme Sabatier : éloge du courage et de la compassion féminins.

Et son cœur, ravagé par la flamme, a toujours,

Pour qui s’en montre digne, un réservoir de larmes.

60

Franciscae meae laudes

Poème en latin : Louanges en l’honneur de ma Françoise, « étoile salutaire dans les naufrages amers »

Divinum vinum, Franciscae !

Vin des dieux, ô Françoise !

61

A une dame créole

Poème dédié à Mme Autard de Bragard, rencontrée à l’île Bourbon, en 1841.

Au pays parfumé que le soleil caresse

J’ai connu sous un dais d’arbres verts et dorés […]

Une dame créole aux charmes ignorés.

62

Moesta et errabunda

(triste et vagabonde)

Poème de l’utopie perdue que Baudelaire oppose au « noir océan de l’immonde cité » dans lequel il s’est noyé (un ailleurs synonyme d’amour parfait et d’un paradis d’enfance).

Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe,

Loin du noir océan de l’immonde cité,

Vers un autre océan où la splendeur éclate.

63

Le Revenant

Renversement sadique et extériorisé des agressions fantasmatiques dont Baudelaire aurait été l’objet dans ses cauchemars. Mais l’agresseur est déjà mort.

Et je te donnerai, ma brune,

Des baisers froids comme la lune

Et des caresses de serpent.

64

Sonnet d’automne

Irritation universelle, haine de la passion et crainte des effets délétères qu’elle produit : âge automnal que le poète se sent traverser.

Crime, horreur et folie ! – Ô pâle marguerite !

Comme moi n’est-tu pas un soleil automnal,

Ô ma si blanche, ô ma froide Marguerite ?

65

Tristesses de la lune

Poème admiré par Flaubert et Sainte-Beuve, d’un romantisme attardé.

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse.

66

Les Chats

Les chats, amis de la science et de la volupté.

Amis de la science et de la volupté,

Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres.

67

Les Hiboux

Les hiboux, modèle pascalien de sagesse : savoir résister à l’agitation.

L’homme ivre d’une ombre qui passe

Porte toujours le châtiment

D’avoir voulu changer de place.

68

La Pipe

Prosopopée de la pipe comme apaisement de l’auteur.

Et je roule un puissant dictame

Qui charme son cœur et guérit

De ses fatigues son esprit.

69

La Musique

L’allégorie de la tempête sur la musique de l’inspiration poétique

La musique parfois me prend comme une mer !

70

Sépulture

Une sépulture autour de laquelle s’agite tout le bestiaire baudelairien : araignée, vipère, loups, sorcières, vieillards lubriques et noirs filous.

Si par une nuit lourde et sombre

Un bon chrétien, par charité,

Derrière quelque vieux décombre

Enterre votre corps vanté.

71

Une gravure fantastique

Sur le dessin de Mortimer : un passage de l’Apocalypse, la Mort assise sur un cheval et suivie par le Sépulcre.

Ce spectre singulier n’a pour toute toilette […]

Qu’un diadème affreux sentant le carnaval.

72

Le Mort joyeux

Avec une complaisance morbide et macabre, le poète aspire à la mort, synonyme de décomposition et de libération.

Et dites-moi s’il est encor quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts ?

73

Le tonneau de la haine

Le tonneau des Danaïdes de la haine insatiable : sentiment d’infinie dissatisfaction éprouvée par le poète face à la réalité et qui alimente son refus.

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes

La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts…

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 13:22

Tableau établi par Bernard Martial (professeur de lettres modernes)

 

 

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Vers à retenir

SPLEEN ET IDEAL

74

La Cloche fêlée

Opposition entre le son harmonieux de la cloche des souvenirs et la « cloche fêlée » de son âme meurtrie (image du vieux soldat de l’Empire.

Moi mon âme est fêlée et lorsqu’en ses ennuis

Elle veut de ses chants peupler l’air froid des nuits.

75

Spleen

(« Pluviôse irrité »)

Poème de la maladie, du froid et de la mort. Hiver et dépersonnalisation.

L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière

Avec la triste voix d’un fantôme frileux.

76

Spleen

(« J’ai plus de souvenirs »)

Métaphores du meuble aux souvenirs, du cimetière, du vieux boudoir et du sphinx (un ennui qui prend les proportions de l’immortalité).

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. […]

-Je suis un cimetière abhorré de la lune,

Où comme des remords se traînent de longs vers

Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

77

Spleen

(« Je suis comme le roi »)

Le roi (à la fois jeune et vieux) d’un pays pluvieux qui s’ennuie et que rien ne distrait : la mélancolie. Cf. « une mort héroïque ».

S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.

Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon,

Ni son peuple mourant en face du balcon.

78

Spleen

(« Quand le ciel bas et lourd »)

Resserrement progressif sur le sentiment angoissé d’une défaite intérieure : intériorisation du spleen jusqu’à réduire le poète à n’être plus qu’un défilé de sensations et de sentiments dysphoriques.

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis. […]

Et d’anciens corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; et, l’Espoir

Pleurant comme un vaincu, l’Angoisse despotique

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

79

Obsession

Obsession et cauchemars : forêts effrayantes, océan tumultueux, étoiles incompréhensibles. Mais les ténèbres sont la toile où apparaissent des êtres familiers…

Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,

Des êtres disparus aux regards familiers.

80

Le Goût du néant

L’esprit vaincu ne doit plus lutter : se résigner à la chute irrémédiable.

Et le Temps m’engloutit minute par minute,

Comme la neige immense un corps pris de roideur.

81

Alchimie de la douleur

Le poète constate que son imagination est gouvernée par un principe négatif, reversement du principe de transmutation positif qui a si longtemps servi de comparant au travail poétique.

Par toi je change l’or en fer

Et le paradis en enfer.

82

Horreur sympathique

Interpellé, le libertin revendique son orgueil d’être en enfer.

Insatiablement avide

De l’obscur et de l’incertain,

Je ne geindrai pas comme Ovide

Chassé du paradis latin.

83

L’Héautontimôrouménos

« Bourreau de soi-même ou celui qui se punit lui-même en grec ancien ». titre reprenant celui d’une comédie latine de Térence (v.190-159 av. J.-C.). Le tourmenteur de la femme retourne la souffrance contre lui-même. Sentiment de fatalité à l’endroit de ses propres pulsions sadiques.

Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon cœur le vampire.

84

L’Irrémédiable

Tableau d’une condition humaine emprisonnée dans une finitude douloureuse et irrémédiablement exilée de sa nature primitive : « la conscience dans le Mal ! »

-Emblèmes nets, tableau parfait

D’une fortune irrémédiable,

Qui donne à penser que le Diable

Fait toujours bien tout ce qu’il fait !

85

L’Horloge

Prosopopée de l’horloge qui invite à méditer sur la fuite du temps et la culpabilité.

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.

TABLEAUX PARISIENS

86

Paysage

Hésitation entre intuition d’une voie nouvelle et fidélité à une tradition pastorale et idyllique à laquelle il n’a jamais adhéré jusque-là.

L’Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,

Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;

Car je serai plongé dans cette volupté.

87

Le Soleil

Même tension entre la poésie de la ville et celle de l’idylle bucolique.

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,

Il ennoblit le sort des choses les plus viles.

88

A une mendiante rousse

Le portrait d’une mendiante à la manière des poètes du XVIe siècle (pastiche de la poésie amoureuse).

Va donc, sans autre ornement,

Parfum, perles, diamant,

Que ta maigre nudité,

      Ô ma beauté !

89

Le Cygne

Texte envoyé à Hugo : nostalgie du Paris qui n’est plus. Le cygne adresse des reproches à Dieu comme un exilé (Andromaque, Ovide, la négresse, Hugo).

Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,

Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

90

Les sept vieillards

Vision d’un vieillard sept fois répété à laquelle le poète s’efforce d’échapper. Incarnation d’une hostilité, d’une agressivité que Baudelaire éprouverait à l’endroit de tel aspect du réel et qui lui reviendraient par le biais de l’hallucination.

Aurais-je sans mourir, contemplé le huitième,

Sosie inexorable, ironique et fatal,

Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même ?

-Mais je tournai le dos au cortège infernal.

91

Les Petites Vieilles

Evocation de toutes ces petites vieilles que plus personne ne remarque et qui cachent des vies complexes et variées : symbole des habitants de Paris et de l’humanité.

Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;

Mon cœur multiplié jouit de tous les vices !

Mon âme resplendit de toutes nos vertus !

92

Les Aveugles

Portrait cruel des aveugles qui tournent les yeux au ciel : nouvelle allégorie du poète.

Eprise du plaisir jusqu’à l’atrocité,

Vois ! je me traîne aussi ! mais, plus qu’eux hébété,

Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

93

A une passante

La vision fugitive d’une femme en deuil (rêve, souvenir, réalité, fantasme ?) : un amour impossible, incarnation de l’Idéal ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !

Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j’eusse aimé, ô toi qui le savais !

94

Le squelette laboureur

Angoisse d’une condamnation à vivre au-delà de la mort ; la perfection d’une forme dont la beauté aurait une fonction thaumaturge.

Qu’envers nous le Néant est traître ;

Que tout, même la Mort, nous ment.

95

Le Crépuscule du soir

Paris au crépuscule : le théâtre du Mal, le monde du travail et celui de la douleur.

Recueille-toi mon âme en ce grave moment,

Et ferme ton oreille à ce rugissement.

96

Le Jeu

Le cauchemar du poète qui se voit céder à la tentation de s’identifier à des joueurs choisissant consciemment le Mal (inspiré par une gravure de Darcis).

Et mon cœur s’effraya d’envier maint pauvre homme

Courant avec ferveur à l’abîme néant,

Et, soûlé de son sang, préférerait en somme

La douleur à la mort et l’enfer au néant !

 

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